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Bibi & Tina: Aventures à Cheval – Nintendo Switch

Pour faire simple, d’entrée, sans suspens: c’est un des plus gros foutages de gueule qu’il m’a été donné de voir depuis longtemps. J’ai fait des démos de jeu du genre sur 3DS, pour la science, qui étaient mieux foutu que ça. Proprement incroyable d’oser vendre ça sur console à 30 euros en 2018.

Techniquement, pour information, c’est fait avec Unity. Sauf qu’on dirait que c’est plutôt fait avec le cul (oui, je suis méchant, mais réaliste). Il y a un pop-up des éléments et un lod (level of details, le fait de passer à un niveau de détails plus détaillé en s’en approchant, en changeant de modèle 3D ou de texture) de malade: tout apparaît à quelques mètres du canasson. Sauf qu’à l’écran, il n’y a rien à afficher en fait. Mais genre vraiment rien. Le pire étant que les éléments utilisant le lod ont des modèles de loin plus beaux que les modèles qui changent de près. C’est conceptuel.


Tout le reste des modélisations fait penser aux débuts de la 3D, en HD et lissés, avec des couleurs vives pour faire genre ça pète à l’écran. Les visages, qu’on ne voit quasiment jamais, sont une horreur sans nom. Le plus horrible des Miis est une oeuvre d’art à côté. Vraiment.


Donc c’est moche, c’est vide. Et en prime ce n’est pas toujours fluide non plus. La plupart du temps, ça va, mais parfois, d’un seul coup, il y a plus de 10 arbres à l’écran, donc ça rame un peu. La N64 doit bien rigoler.
Sincèrement un des trucs les plus pauvres techniquement que j’ai vu depuis très longtemps (mais genre, shareware pré-2005 quoi). Il y a juste aucun effort, tu vois que les développeurs n’essaient même pas et n’en ont rien à foutre.
Et c’est vendu 30 balles.

Bon, c’est bien beau tout ça (enfin, moche), mais parlons du fond du jeu.

Première chose à savoir, le jeu est l’adaptation d’un film issu d’un univers qui a produit films et séries TV de 1994 à nos jours. En Allemagne. Je précise, ça a son importance. Car le jeu débute par une vidéo bande-annonce du dit-film. Mais tout en allemand. Sous-titré anglais. Alors que le reste du jeu est en français. Zéro effort, rien à foutre, yolo. Et bien sûr, ça a tout le peps des séries allemandes pour la jeunesse. Ah, et pour info, c’est sans doute le seul moment du jeu où l’histoire a une importance. Car il n’y a pas d’histoire, pas d’aventure. Rien, nada, mensonge, j’accuse!

Donc le jeu s’articule autour de trois modes : le mode mission, le mode entrainement, et le mode libre. Plus l’histoire, j’y reviendrais.
Le mode mission consiste à des courses checkpoint dans le mini open-world en deux parties du jeu. Du début à la fin. Ca prend une heure et demi max pour en venir à bout. Même si je pense que les petites filles n’iront pas au bout à cause de deux courses rageantes au bout desquelles tu finis à 1 dixième de seconde de la fin si tu fais tout bien ; un virage trop large, et tu peux recommencer. A la fin de chaque mission, tu débloques deux images du mode histoire.
Le mode entrainement… tu peux refaire les missions finies du mode Mission comme tu veux, et c’est tout. Donc s’entraîner pour réussir quelque chose que l’on a déjà réussi, mais pas les missions sur lesquelles on aurait un souci. Là aussi, conceptuel.
Le mode libre se parcourt dans le même open world, mais sans mission, et avec la possibilité d’entretenir ton cheval, possibilité qui frise là-aussi le foutage de gueule magistrale (et dont le but est de débloquer des trucs, comme des nouveaux chevaux). Par exemple, quand tu nettoies les sabots de ton cheval, ils n’ont pas été foutu de modéliser le cheval, mais juste une patte qui est exactement la même pour les 4 pattes différentes.
Et enfin, le mode histoire. En lieu et place de faire une histoire à jouer dans l’open-world, t’as le droit à des pauvres images avec textes que tu débloques à chaque mission. Des images issues du film donc. Pire que le minimum syndical. 

Et tout ça pour 30 euros. TRENTE EUROS.

Il est temps maintenant de parler du gameplay. Donc tu diriges ton cheval au stick, et tu martèles le bouton A en faisant gaffe à la jauge d’endurance. Et c’est tout. Il fautbien entendu faire attention à ne pas trop frôler les décors, sinon le cheval stoppe net. Et aussi à bien prendre les obstacles de face et à bonne vitesse, sinon le cheval stoppe net. Et que l’obstacle soit prévu pour être sauté, sinon le chev… vous avez compris. Alors oui, ça répond bien, heureusement aurais-je envie de dire, mais c’est à la limite de l’affligeant de pauvreté. Et on ne peut pas utiliser le stick droit pour la caméra. Dans un jeu 3D, ce qui se fait juste dans tous les jeux depuis que les manettes ont deux sticks. Ce qui n’est finalement pas un mal, ça évite de voir les personnages de face. Bordel, 30 euros, honte de rien.

Résumons: un des plus gros foutages de gueule qu’il m’a été donné de voir récemment. Entre 5 et 10 euros, ça serait toujours daubé mais au moins tu n’aurais pas envie de te pendre pour avoir voulu faire plaisir à ta gosse, à ta nièce, à ton gamin amoureux de chevaux. Vendre 30 euros un jeu qui a le niveau d’un shareware d’il y a plus de 15 ans, ça frise quand même l’arnaque pure et simple. Dans le genre, on trouvera sans aucun doute bien mieux, et ce n’est pas difficile en même temps.

whatif

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