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Meow Motors – Nintendo Switch

Les jeux de course et la Switch, on ne peut pas dire que jusque là ça a été une franche histoire d’amour. Seuls Mario Kart 8 Deluxe, Horizon Chase Turbo et dans une moindre mesure Fast RMX (profitant en plus de son statut de jeu du launch) ont su jusqu’alors tirer leur épingle du jeu. Les autres propositions ne sont pas forcément mauvaises, mais ont toutes de lacunes, souvent techniques d’ailleurs, même si elles ne sont pas forcément à rejeter et peuvent proposer de bons moments (je pense à Grip, Gear.Club ou V-Rally 4 par exemple, qui restent très sympas à jouer malgré quelques gros soucis notamment techniques). Alors quand un studio indépendant prend le même créneau que Mario Kart pour proposer son jeu sur Switch, il y a de quoi être prudent: comment un petit indépendant pourrait réussir là où des éditeurs bien plus gros avec bien plus de moyens se sont cassés les dents?

Et pourtant, dès la première course, Meow Motors surprend. Il surprend, car d’un pur point de vue visuel, et hormis les 3 titres en tête cités précédemment, il se révèle bien au-dessus de la concurrence. Car Meow Motors est réussi techniquement, ça saute aux yeux. Le jeu est propre, bouge très bien, est assez riche visuellement. Bref, une réussite, que ce soit en mode portable ou en mode dock même si dans cette configuration là, l’animation semble accrocher de temps, sans que cela ne soit gênant pour autant. Quand on sait que le jeu ne coûte que 13€ et se révèle techniquement finalement bien plus solide que d’autres vendus bien plus chers, il y a de quoi se poser des questions. Alors certes, certains diront que la simplicité du design, très cartoonesque et parfois un brin trop générique, doit beaucoup aider, qu’il y a des astuces derrière comme ce flou d’arrière plan, mais le résultat est là: visuellement, le jeu est propre et très agréable.

Mais c’est bien beau tout ça, encore faut-il que le jeu ne soit pas juste une belle coquille vide. Question contenu, le jeu contiendra une fois débloqués 10 véhicules, 10 pilotes chats avec chacun leur bonus, et 18 courses sur 9 environnement (avec leurs thèmes musicaux assez variés à la qualité elle-aussi malheureusement variable). Certes, ce n’est pas énorme, mais pour un titre indépendant proposé à un tel tarif, on pourra quand même relativiser la chose.

Côté solo, le jeu propose un mode carrière décomposé en plusieurs groupes de plusieurs événements, mode qui permettra de débloquer pilotes, armes et véhicules. Chaque groupe contient plusieurs épreuves, qui vont de la course simple, à l’épreuve de dérapage (qui consiste donc à engranger des points en dérapant) en passant par l’épreuve de collision (qui consiste donc à dézinguer les adversaires). S’il est très sympa à parcourir, il ne faudra toutefois pas plus de 3 à 5 heures pour en voir le bout, selon votre degré de compétence.

Il est donc temps de s’intéresser au gameplay, et c’est finalement ici que le jeu pourra un peu pêcher. Meow Motors possède une particulier par rapport aux autres jeux de kart: en course, le joueur dispose en permanence d’une jauge lui permettant soit de profiter d’un boost, soit de laisser de l’huile sur la piste pour déstabiliser les adversaires. Cette jauge pourra se remplier en dérapant, en shootant les adversaires ou si ceux-ci passent vos plaques d’huile. La gestion de cette jauge est intéressante, surtout quand les adversaires sont au coude à coude, et la décision d’utiliser l’huile ou le boost pourrait tout changer. Pour le reste, c’est du classique, avec des items en jeu tout ce qu’il y a de plus banal dans le fond (tir, boost, protection…) même si sur la forme quelques uns se montrent plus drôles, comme l’attaque du requin. Rien d’original de se côté là donc. Question conduite, le jeu est donc très simple et mise sur les dérapages en virage, qui se déclenche juste avec un bouton. Le pilotage est peut-être même trop simple, les voitures semblant de pas avoir beaucoup de poids, et si la sensation de vitesse est bonne, il manque peut-être cette sensation de « grip » sur la route lors des dérapages, qui ne demandent du coup pas une grande maîtrise, passant trop facilement du dérapage à droite au dérapage à gauche pour enchaîner les virages. C’est dommage, car il ne manque pas grand chose pour le rendre réellement intéressant. En l’état, ça se conduit sans anicroche et ça fait juste le job, mais avoir une peu plus de sensation dans le stick n’aurait pas été un mal et aurait sans doute éviter une espèce de lassitude dans la conduite au bout de quelques heures de jeu (le temps du solo en quelque sorte).

Car autrement, dans l’ensemble, le jeu est très plaisant, assez fun et se parcourt avec plaisir. Les circuits sont plutôt intéressants à parcourir, sont « vivants » avec obstacles et quelques animations dans les décors, et possèdent quelques raccourcis ou routes alternatives, ainsi que quelques virages plus durs à négocier. Les adversaires sauront vous coller aux basques quelque soit la difficulté rentrée (mais leur agressivité changera), vous empêchant de vous endormir au volant.

A noter bien entendu en plus du mode solo un mode course simple, à faire seul ou à deux uniquement, pas plus. Et pas de mode en ligne non plus. Cela pourra s’avérer dommage dans un genre qui prend sa pleine dimension en multi-joueurs. Le jeu manque réellement de différents modes supplémentaires, mais encore une fois, difficile de demander la lune à un jeu proposé 13€ qui fait déjà si bien sur d’autres aspects.

Au final, Meow Motors est une vraie petite surprise. Alors qu’on n’en attendait pas grand chose, il se révèle techniquement réussi et arrive à proposer une réalisation plus solide que des concurrents proposés bien plus chers. Il sait se montrer fun en course durant les quelques heures de son mode solo, et c’est finalement bien tout ce qu’on lui demande. Dommage que sa conduite ne soit pas plus intéressante sur le long terme, et qu’il pêche un peu niveau contenu, notamment sur le multijoueur, mais difficile de ne pas se dire que pour une fois, un studio nous propose une version réussie de son jeu de course et, en proposant son jeu à bas tarif, ne prend pas les joueurs Switch pour des vaches à lait. Finalement, son plus gros défaut concernera sans doute son manque d’exposition et sa date de sortie, pas des mieux choisies: à un mois de Team Sonic Racing et deux de Crash Team Racing Remastered, difficile de croire à une fin heureuse pour lui face à ces deux mastodontes du genre.

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