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Hellblade: Senua’s Sacrifice – Nintendo Switch

Hellblade sur Switch est une petite surprise. Parce que le jeu a commencé comme une exclue PS4. Parce que le studio de développement appartient désormais à Microsoft. Et parce que peu de personnes pensaient qu’il était possible de faire tourner le jeu sur Switch sans en dégrader à outrance l’expérience. Et pourtant…

Définir Hellblade clairement est un exercice un brin compliqué tant il paraît difficile de faire rentrer le jeu dans des cases préconçues. on pourrait dire de lui que c’est un jeu narratif qui prévaut avant tout par son ambiance. Que c’est un jeu d’aventure aux énigmes environnementales pas bien difficiles mais pourtant parfois bien trouvées. Ou que c’est un beat’em up en arènes pas toujours bien équilibré, aux enchaînements basiques et à la caméra pas toujours bien placé. Et tout cela est vrai.

Sauf qu’Hellblade est sans doute plus que la somme de ses différentes parties. Hellblade est un jeu narratif qui exploite merveilleusement bien l’audio (d’ailleurs, sur Switch, préférez le faire en portable pour ça) et tout son aspect « folie » visuellement, jusque dans ses énigmes, à base de trompe l’oeil, de portails visuels, de runes, et dans ses combats, durant lesquels le joueur luttera parfois plus avec la caméra que contre ses adversaires.

Du coup, Hellblade étant une expérience un peu à part qui ne tranche jamais vraiment d’un côté ou de l’autre, il devient réellement difficile de la conseiller nettement: le côté combat ne satisfera pas les mordus du genre et pourra stopper une partie de ceux qui aiment les jeux plus narratifs et contemplatifs, tandis que son aspect grisâtre et sanglant le fera se couper d’une autre partie du public.

Pourtant, Hellblade fonctionne bien en tant qu’expérience. Ou tout du moins, il a fonctionné sur moi. J’ai voulu voir Senua arriver au bout de sa quête, au bout de sa folie, que tout son sacrifice ne soit pas vain. J’ai apprécié les quelques énigmes environnementales disséminées au long de l’aventure, même si trop faciles pour beaucoup, et trop répétitives pour d’autres. La partie que j’ai le moins apprécié concerne sans aucun doute les combats: une fois compris comment ils se gèrent, c’est strictement toujours la même chose, hormis deux ou trois affrontements contre ce que l’on pourra considérer comme des boss étapes de l’aventure. Le plus dur, encore une fois, sera sans doute la gestion de la caméra sur les arènes les plus petites, faisant qu’on peut clairement perdre le fil du combat, ne voyant plus son personnage.

Parlons quand même maintenant de la version Switch. Pour moi, c’est simple, on est à la limite du tour de force. Tout du moins en portable. En ce mode, j’ai trouvé Hellblade assez incroyable. Oui, c’est grisâtre, les textures ne sont pas toujours bien définies, la résolution adaptative fait que ça pixellise parfois, mais je trouve ça assez dingue d’avoir un jeu d’un tel niveau entre les mains, l’écran de 7 pouces atténuant bien les problèmes il est vrai. Et ce même si on sait maintenant toutes les astuces entreprises pour arriver à un tel résultat. Sans compte qu’y jouer au casque dans le noir dans cette configuration transcende à mon sens l’expérience.

Malheureusement, le constat est beaucoup plus sévère une fois la console dans son dock. Sur l’écran du téléviseur, tous les défauts visuels explosent à la gueule du joueur. Les textures floues, la résolution basse, les arrières plans dégueulasses, l’aliasing, tout semble fait pour faire froncer les sourcils au joueur, d’autant que l’aspect visuel réaliste du jeu fait ressortir plus facilement tous ses aspects sur grand écran. Tout y reste heureusement jouable et lisible, mais ce n’est clairement pas la meilleure façon d’y jouer.

Au final, je comprends qu’Hellblade divise. En ne s’adressant pas clairement à une cible précise, en ne mettant pas clairement en avant un de ses aspects, en étant trop simple sur certains, trop rugueux sur d’autres, il se coupe (involontairement?) d’une grande partie de son public cible. Et c’est dommage, l’expérience en vaut à mon sens grandement la peine. Oui, même sur Switch, dans une version étonnante en portable, mais beaucoup moins sur la TV. Un jeu à mon sens à essayer, quitte à être grandement déçu et se demander ce que les développeurs ont bien voulu faire. Ou au contraire à être comblé, allez savoir…

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