0

Wandersong – Nintendo Switch

Rares sont les jeux aussi agaçants que Wandersong. En effet, dès la première heure de jeu, celui-ci se révèle aussi sympathique et attachant qu’énervant et rébarbatif.

Le principe de Wandersong est simple : le joueur dirige un barde qui a eu droit à la visite d’un esprit dans son sommeil et qui pense ainsi qu’il doit sauver le monde, dans un univers qui arrive bel et bien à la fin de son cycle. Pour cela, il n’a d’autre choix que d’utiliser la seule arme à sa disposition : son chant. Et c’est là qu’intervient l’un des premiers défauts du jeu : quasiment toute la partie chant du jeu, à quelques trouvailles prêts lors de passages spéciaux, se passe en choisissant des secteurs de cercle via le stick droit. Pendant tout le jeu. Certes avec un ou deux variantes de temps à autres. Mais ce n’est littéralement presque uniquement cela : utiliser le stick droit pour chanter et résoudre les puzzles et énigmes environnementales du jeu.

Si la majorité du temps, et notamment au début du jeu le tout est très simple, voire rébarbatif puisque cela intervient tout le temps, et que c’est tout le temps ou presque le même principe, le jeu arrive par moment à surprendre. En effet, le joueur devra également utiliser le chant pour quelques boss ainsi que pour quelques passages de plateforme plutôt bien trouvés, mais sans doute encore trop courts et ne mélangeant jamais les mécaniques de ces différents passages. C’est bien et intéressant de ce côté-là, mais hélas pas assez poussé.

Mais Wandersong n’est pas que ça. Oh que non. C’est un jeu avec une grosse partie narrative découpée en acte qui fonctionne quasiment tous sur le même schéma (d’où une première impression de répétition), et qui développe énormément l’histoire, avec énormément de PNJs, qui te racontent vraiment beaucoup de textes et te font dévier exprès et obligatoirement de la trame principale, pour y revenir bien entendu. Vraiment beaucoup. Et c’est là qu’intervient le second vrai défaut du jeu : toute cette partie narration peut s’avérer… ennuyeuse, barbante, rébarbative. Surtout quand vous devez parler à quasiment tout le monde pour trouver le bon PNJ, pouvoir avancer et voir la suite du jeu. Bref, ces passages récurrents à chaque fois que le joueur arrive à un nouvel acte du jeu, sont plutôt lourds à jouer. Pourtant, ils ne sont pas toujours déplaisants, les dialogues peuvent s’avérer très sympathiques, et cela donne une vraie profondeur aux personnages. C’est juste qu’il y en a beaucoup trop, pour finalement pas grand chose : parler à PNJ1 d’un côté de la carte pour apprendre qu’il faut trouver PNJ2 qui te demandera de rassembler PNJ4, PNJ5 et PNJ6 éparapillés un peu partout, ce n’est pas très grave en soi. Sauf si pour y arriver chaque PNJ a 15 lignes de dialogues. Bref, vous l’aurez compris, Wandersong est très bavard, peut donner parfois l’impression de hurler du texte à l’écran, et peut littéralement assommer le joueur qui voudrait tout savoir ou ne trouverez pas tout du premier coup, et c’est dommage. Personnellement, j’ai vraiment dû me forcer à certains moments pour continuer et passer outre cette abondance de textes, alors que pour d’autres pas du tout. Tout ça amène quand même un véritable problème de rythme pour le jeu.

A côté de cela, Wandersong a d’autres points qui peuvent s’avérer clivant et plaire ou non au joueur. Tout d’abord, son design général très simple et en aplats de couleur. Le barde a clairement une tête de débile naïf voulue et les couleurs ont tendance à péter dans tous les sens à l’écran. Personnellement, j’ai trouvé la direction artistique charmante et véritablement attachante, que ce soit dans le design du perso principal, des PNJs, des monstres ou des lieux que l’on visite, mais je comprends aisément qu’elle puisse rebuter.

Autre point clivant, Wandersong base un peu toute son histoire sur un esprit et un humour très naïf (et non pas enfantin). Ce qui n’est pas forcément anormal, puisque c’est l’état d’esprit du barde, mais tout dans le jeu retranscrit cela, et ce malgré les événements plutôt horribles qui se déroulent. Que ce soient les animations des personnages volontairement excessives, le design, les musiques, la bande sonore, et surtout les textes, tout semble articulé autour de cela, de cet esprit naïf voulant que la musique peut absolument sauver le monde, contrant le désespoir, l’abandon et le cynisme de certains PNJs. Surprenant et pouvant faire sourire au début, j’imagine aisément que suivant le profil du joueur, cela peut rapidement devenir exaspérant, même si personnellement cela ne m’a pas dérangé, et, même mieux que cela, j’ai vraiment apprécié cet aspect du jeu.

Au final, Wandersong est un jeu véritablement dur à conseiller, très clivant sur beaucoup d’aspects, possédant de réellement défauts notamment dans son rythme de jeu et sans doute beaucoup trop long contre son propre bien. Un jeu qui, à mon sens et de mon expérience, peut s’avérer autant attachant et sympathique qu’ennuyeux et exaspérant. Si la majorité des aspects du jeu décrits ci-dessus vous font faire la moue, vous pouvez passer votre chemin sans hésiter, mais si vous accrochez au design, à l’esprit et l’humour naïf, que faire pendant de longues dizaines de minutes la même chose avant de tomber sur un passage très sympa ou qu’avaler des dizaines de lignes de dialogues pas toujours intéressantes de prime abord ne vous fait pas peur, vous pouvez peut-être tenter… en grosse promo quand même, faut pas déconner.

whatif

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *